Dyssomnie : Tout savoir sur ces troubles du sommeil

Une dyssomnie est un trouble du sommeil qui affecte la durée ou la qualité du sommeil. Insomnie, hypersomnie ou encore perturbation du rythme circadien, il existe plusieurs types de dyssomnies. Ces dernières peuvent avoir des conséquences graves sur la qualité de vie et la santé des patients. Elles entraînent en effet de la fatigue, des difficultés de concentration, du stress, des troubles de l’humeur, voire, dans les cas les plus graves, une dépression.

Cependant, des solutions existent pour lutter contre les troubles du sommeil. Définition, causes et traitements, nous vous disons tout ce qu’il faut savoir sur les différents types de dyssomnies

Dyssomnie type 1: les insomnies et le manque de sommeil

les insomnies et le manque de sommeil

1. Définition de l’insomnie

L’insomnie désigne une difficulté ou une incapacité à trouver le sommeil qui s’étend sur une période plus ou moins longue. Elle se manifeste par des réveils nocturnes ou précoces et des difficultés d’endormissement. L’insomnie s’accompagne du sentiment de ne pas avoir dormi suffisamment pour récupérer. En effet, certains « petits dormeurs » ont besoin de moins de 6 heures de sommeil. Ils ne sont pas insomniaques pour autant, car cette durée leur suffit pour récupérer. 

L’insomnie a des répercussions sur la vie de tous les jours. Elle rend irritable, entraîne des problèmes de concentration, une baisse de vigilance, de la fatigue, une somnolence diurne, etc. Elle favorise également les états dépressifs, la prise de poids, les maladies cardiovasculaires, etc. 

Les insomnies passagères sont courantes. Elles sont susceptibles de survenir en période de stress, après un dîner copieux ou arrosé, suite à une douleur ponctuelle, etc. Elles ne durent généralement que quelques nuits et cessent lorsque l’origine du problème est résolue. 

Par contre, l’insomnie devient problématique lorsqu’elle s’installe sur la durée. On parle d’insomnie chronique, quand les troubles persistent plus de trois mois et se répètent plus de trois fois par semaine. 

2. Causes et origines de ce trouble du sommeil

Des facteurs psychologiques

Les insomnies ont souvent des facteurs psychiques. On estime que la dépression, l’anxiété et le stress sont à l’origine de plus de 50 % des insomnies. Elles surviennent alors le plus souvent dans des moments stressants comme en période d’examens, de compétitions, lors de changements importants (déménagement, divorce, perte d’un emploi, etc.).

L’insomnie est par ailleurs symptomatique de la dépression. Dans ce cas, elle se traduit habituellement par des problèmes d’endormissement, des réveils fréquents pendant la nuit, des éveils précoces et un sommeil peu réparateur.

Une mauvaise hygiène de sommeil

L’insomnie est par ailleurs souvent due à de mauvaises habitudes de sommeils, telles que : 

  • l’usage des écrans le soir : la lumière bleue bloque la production de mélatonine et perturbe ainsi les cycles du sommeil ;
  • des horaires de coucher et de lever irréguliers : travail du soir, mauvaise hygiène de sommeil, déplacements fréquents, etc. ;
  • une alimentation riche en graisses et en protéines au dîner ; 
  • la consommation d’alcool : elle favorise les éveils nocturnes et le sommeil léger ; 
  • la consommation d’excitants : café, thé, tabac ; 
  • une pratique stimulante avant d’aller se coucher : films violents, travail, jeux vidéos, sport, etc. 

Un environnement peu propice au sommeil

Les facteurs environnementaux des troubles du sommeil sont par exemple :

  • le bruit : voisinage et quartier bruyants, mauvaise isolation de la maison, sons des appareils électroménagers (réfrigérateur par exemple) ;
  • la lumière : lampe allumée, appareils électriques en veille, écrans non éteints, etc. ;
  • une température inadaptée dans la chambre à coucher : elle doit être idéalement de 17-18°C. 

Des causes physiologiques

L’insomnie peut aussi avoir des causes physiques : 

  • douleurs inflammatoires, rhumatismes, etc. ;
  • troubles digestifs, notamment reflux gastro-œsophagien ; 
  • asthme ;
  • apnée du sommeil ; 
  • impatiences (ou syndrome des jambes sans repos) ; 
  • maladie : hyperthyroïdie, cancer, etc.

3. Traitement non médicamenteux à privilégier

Avant d’envisager de traiter l’insomnie par des somnifères, il est essentiel de privilégier un traitement non médicamenteux. Le traitement peut par exemple consister à :

  • instaurer un rituel de sommeil : horaires réguliers, activités calmes, repas léger, etc. ; 
  • pratiquer des séances de relaxation : méditation, sophrologie, respiration ventrale, etc. ; 
  • se relaxer avec des huiles essentielles ; 
  • prendre des compléments alimentaires à base de plantes relaxantes, de CBD ou de mélatonine.

Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont à privilégier lorsqu’une prise en charge médicale s’avère indispensable. Elles visent à modifier les comportements du patient face au sommeil et à mettre fin aux fausses croyances qui peuvent être responsables des troubles.

Dyssomnie type 2: les excès de sommeil avec les hypersomnies

les excès de sommeil avec les hypersomnies

1. Définition de l’hypersomnie

L’hypersomnie désigne un besoin excessif de sommeil. Il existe deux catégories d’hypersomnie : les hypersomnies primaires (ou centrales) et les hypersomnies secondaires. 

L’hypersomnie centrale regroupe :

  • la narcolepsie : elle se caractérise par un sommeil nocturne peu réparateur, une somnolence diurne et des endormissements soudains. Des épisodes de cataplexie (perte soudaine de tonus dans les muscles) peuvent aussi survenir ainsi que des hallucinations au moment de l’endormissement ou du réveil ; 
  • le syndrome de Kleine-Levin (ou hypersomnie récurrente) : la personne traverse de manière récurrente des phases d’hypersomnie de quelques jours accompagnées de troubles cognitifs et comportementaux. Lors de ces épisodes, l’individu dort en moyenne de 15 à 21 heures par jour ; 
  • l’hypersomnie idiopathique : elle se manifeste par une somnolence diurne persistante et excessive qui alterne avec des siestes peu réparatrices. Le sommeil nocturne est d’une durée moyenne normale, mais de mauvaise qualité. La personne a beaucoup de mal à se réveiller et souffre d’une faible vigilance.

L’hypersomnie secondaire, quant à elle, est causée par un facteur externe (maladie, prise de médicaments, etc.).

2. Causes et origine de ce trouble du sommeil

Les origines de l’hypersomnie primaires sont méconnues. Les facteurs de l’hypersomnie secondaire sont en revanche plus faciles à déterminer. Elle peut provenir de plusieurs sources :

  • une dette de sommeil conséquente ;
  • un arrêt soudain de produits stimulants ; 
  • un épuisement physique important ; 
  • la prise en excès de médicaments hypnotiques (benzodiazépines) ou de sédatifs ;
  • la prise de substances psychoactives (alcool, cannabis, etc.) ;
  • une pathologie psychiatrique (dépression, troubles bipolaires, etc.) ; 
  • une affection neurologique (narcolepsie, maladie neurodégénérative : maladie d’Alzheimer, Parkinson, etc.) ; 
  • une maladie métabolique ou endocrinienne (hypothyroïdie, diabète) ;
  • une infection (syndrome de Guillain-Barré, virus Epstein-Barr) ; 
  • des lésions cérébrales ; 
  • le syndrome d’apnée du sommeil ; 
  • le syndrome des jambes sans repos (ou impatiences) ;
  • la fibromyalgie ;
  • l’insuffisance rénale. 

3. Traitements des syndromes

Dans le cas de l’hypersomnie secondaire, on traitera l’origine du trouble. 

En revanche, la médecine connaît mal les facteurs biologiques en jeu dans les hypersomnies centrales. Les solutions thérapeutiques existantes visent ainsi essentiellement à traiter les symptômes et non les causes. Par ailleurs, le diagnostic de ces hypersomnies rares et leur prise en charge médicamenteuse s’avèrent délicats. C’est pourquoi les patients sont orientés vers un centre de sommeil, et plus particulièrement dans un Centre de référence des narcolepsies et des hypersomnies rares.

Ainsi, les excès incontrôlables de sommeil et la somnolence diurne sont traités par des médicaments stimulants de la veille comme le Modafinil. Des amphétamines ou du méthylphénidate peuvent être prescrits si les autres traitements ne fonctionnent pas. 

D’autres solutions thérapeutiques peuvent être proposées aux personnes narcoleptiques : 

  • l’oxybate de sodium (dépresseur du système nerveux central) pour prolonger le sommeil profond et diminuer les crises de cataplexie ;
  • des antidépresseurs : pour limiter les épisodes de perte de tonus musculaire ; 
  • le pitolisant : pour atténuer la cataplexie et réduire la somnolence pendant la journée ;
  • les hypnotiques : pour améliorer la qualité du sommeil nocturne. 

Les patients atteints du syndrome de Kleine-Levin peuvent, quant à eux, suivre un traitement préventif en continu au valproate ou au lithium. Certains corticoïdes peuvent aider à limiter les crises de sommeil. Des médicaments destinés à traiter les troubles du comportement peuvent être préconisés selon les cas. 

Enfin, le patient hypersomniaque doit avant tout comprendre le trouble dont il souffre afin de pouvoir le gérer. L’hygiène de vie est elle aussi essentielle (alimentation équilibrée, activité sportive, pas d’alcool, etc.).

Dyssomnie type3: Les troubles du rythme circadien

troubles du rythme circadien

1. Définition des troubles du rythme circadien

Le rythme circadien est un cycle biologique d’approximativement 24 heures. Il est synchronisé par l’horloge interne, située dans l’hypothalamus. Cette horloge biologique régit le cycle veille/sommeil en contrôlant la production de mélatonine. Le soir, quand la lumière baisse, notre cerveau sécrète l’hormone du sommeil et nous en ressentons les signes (fatigue, yeux qui se ferment, bâillements, etc.). Elle orchestre également la température corporelle, l’appétit et la fréquence cardiaque. 

Le cycle circadien peut être déréglé par différents facteurs (travail de nuit, décalage horaire, dépression, etc.). Il existe plusieurs troubles du rythme circadien. Les plus courants sont : 

  • le retard de phase : il se caractérise par un endormissement et un réveil tardif. Ce trouble concerne essentiellement les adolescents et les jeunes adultes ; 
  • l’avance de phase : elle s’observe surtout chez les personnes âgées, mais peut apparaître à tous âges. La personne s’endort très tôt (20 h-21 h) et se réveille précocement (4-5 h) ; 
  • le syndrome du libre-cours : ce trouble est courant chez les personnes aveugles. L’horloge biologique n’est pas régulée par la lumière du jour et ne peut pas se synchroniser correctement sur une durée normale de 24h. Les horaires de sommeil sont alors progressivement retardés et décalés par rapport aux heures locales.

2. Causes et origine de ce trouble du sommeil

Le travail de nuit

Le travail de nuit entraîne une désynchronisation de l’horloge interne. Ces perturbations sont causées par une exposition irrégulière à la lumière et un manque de sommeil.

Le lien entre un rythme de travail décalé et le développement de cancers a été établi. Une étude INSERM a montré que le risque de cancer du sein est de 26 % plus élevé chez les femmes non ménopausées qui travaillent au minimum 3 heures entre minuit et 5 h du matin.

Le travail de nuit peut aussi occasionner de la fatigue, une somnolence diurne, une baisse de vigilance, de l’obésité, du diabète, des maladies cardiovasculaires, etc.

La lumière bleue : un perturbateur du sommeil

La lumière bleue est émise par les écrans LED des smartphones, télévisions, tablettes et ordinateurs. Lorsque l’œil y est exposé, l’activation des récepteurs de la rétine est 70 fois plus élevée que lorsqu’il perçoit une lumière blanche d’intensité équivalente. Le cerveau se croit alors en plein jour et bloque la production de mélatonine. 

L’impact de la lumière bleue sur le sommeil inquiète, en particulier chez l’enfant et l’adolescent. Des études ont démontré qu’une exposition importante aux écrans avant d’aller dormir diminue d’une heure trente en moyenne la durée de sommeil. Il en résulte de l’irritabilité, de la fatigue, des problèmes de concentration à l’école et au travail, etc. 

3. Traitements des troubles du rythme circadien

L’hygiène de vie

Une bonne hygiène est essentielle pour la régulation des cycles circadiens. Elle passe par de bonnes habitudes de sommeil, mais pas uniquement. Voici quelques conseils pour vous aider à réguler votre horloge biologique 

  • manger à des heures régulières et prendre le dîner au moins 1h30 avant le coucher ;
  • privilégier des dîners légers ; 
  • éteindre les écrans au minimum 1h avant d’aller au lit ; 
  • ne pas faire de sport le soir ; 
  • adopter des horaires de sommeil réguliers et raisonnables ;
  • éviter les excitants (café, thé) et l’alcool ; 
  • adopter une routine de sommeil (activité calme, infusion, etc.). 

Une cure de compléments alimentaires à base de mélatonine (disponibles en pharmacie) peut également être intéressante. 

La photothérapie

La photothérapie (ou luminothérapie) est couramment utilisée pour traiter les troubles du rythme circadien, la dépression saisonnière et des troubles de l’humeur, notamment chez les personnes âgées et les malades de Parkinson. 

Le traitement consiste à exposer le patient à une lumière de vive intensité pour une durée de 30 minutes à 1 heure à un horaire précis selon le trouble soigné. En parallèle, le patient doit adopter de nouvelles habitudes de sommeil (suppression des écrans le soir, diminution de l’exposition à la lumière, etc.). 

FAQ – Dyssomnie

Quelles sont les différences entre les dyssomnies et les parasomnies ?

La confusion entre dyssomnie et parasomnie est courante. Il s’agit pourtant de deux types de troubles du sommeil différents. Contrairement aux dyssomnies, les parasomnies ne constituent pas des altérations du sommeil à proprement parler. Elles surviennent pendant le sommeil comme le syndrome des jambes sans repos, l’énurésie ou encore le somnambulisme

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