Des cris profonds, des yeux grand ouverts, et une inquiétude grandissante dans l’enceinte familiale : La terreur nocturne est une parasomnie dont les parents se souviennent. Trouble du sommeil fréquent, à l’instar de la somniloquie, ou encore les cauchemars, la terreur nocturne touche principalement les enfants, et dépend notamment des cycles du sommeil du dormeur. Focus sur la terreur nocturne : symptômes, prévention, et ​décryptage.
terreurs nocturnes - qu'est-ce que c'est ?

La terreur nocturne est un épisode de confusion et de peur intense survenant durant la nuit. En général, le rêveur se trouve en rêve dans une situation de danger imminent, et s’agite considérablement pendant la nuit, se débat, crie, et écarquille les yeux alors même qu’il est encore endormi. Il est alors inconsolable et continue de crier quand bien même on tente de le raisonner. En réalité, il dort encore, et n’entend pas ce qu’on est en train de lui expliquer.

Il est important de différencier terreur nocturne et cauchemars en ce que ces derniers laissent une empreinte confusionnelle et stressante très ancrée le lendemain, tandis que la terreur nocturne ne laisse aucun souvenir, allant même jusqu’à l’amnésie totale du rêveur au sujet de sa nuit précédente.

 La terreur nocturne est proche du somnambulisme en ce sens : elle ne s’attarde pas dans la mémoire du rêveur, et si elle implique un stress intense pendant son déroulement, elle ne présuppose aucun retour de bâton après le réveil.

Plus présente chez les enfants entre 4 et 12 ans, elle peut également concerner les très jeunes enfants, mais aussi les adultes. On estime à 6% la quantité d’enfants touchés par ce phénomène.

S’il reste difficile d’appréhender les enjeux immédiats de la terreur nocturne en raison du fait que l’on ne s’en souvient pas, et qu’on ne peut pas raconter ce que l’on a vu ou ressenti, il est néanmoins possible de savoir à quels moments de la nuit elle survient, et d’adopter des petits gestes visant à l’éviter.

Quand survient la terreur nocturne ?

Comme les autres parasomnies, la terreur nocturne survient à un moment précis du cycle de sommeil. Pour comprendre à quel moment survient ce stade fatidique, il importe de rappeler comment fonctionne un cycle de sommeil.

Un cycle de sommeil dure environ 90 minutes et comprend 5 stades : 2 stades de sommeil lent léger, juste après l’endormissement, puis 2 stades de sommeil lent profond, et enfin 1 stade de sommeil paradoxal, lequel favorise les épisodes de rêve.

À la fin d’un cycle, celui-ci recommence. La terreur nocturne se produit durant le sommeil lent profond, juste avant le stade du rêve, c’est également ce qui permet de différencier la terreur nocturne du cauchemar : ils n’occupent pas les mêmes périodes durant le cycle du sommeil. Aussi, la terreur nocturne arrive au moment où l’on est bien endormi, juste avant que l’on puisse se mettre à rêver.

Quelles sont les causes et origines de la terreur nocturne ?

La terreur nocturne trouve ses causes dans des facteurs psychologiques, mais également dans des facteurs physiologiques. En général, elle est due à une période de stress ou d’anxiété. Chez les enfants, ce peut être un changement dans le quotidien : le passage à l’école, un déménagement, le divorce des parents, ou encore l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur. Chez les adultes, il peut s’agir d’un stress au travail, mais également d’un changement de situation : mariage, rupture, décès, bouleversement affectif...

La terreur nocturne peut également être expérimentée en raison de facteurs physiologiques : fièvre, maux de ventre, chaleur, ou simplement un changement de lit durant un voyage par exemple. Ces différents facteurs troublent le sommeil et en chamboulent les cycles, induisant parfois un réveil dissocié, où sommeil et réveil se rencontrent et créent des parasomnies telles que le somnambulisme, la somniloquie, ou encore la terreur nocturne.

Enfin, des antécédents de parasomnies équivalentes sont retrouvées dans la famille pour la moitié des cas de terreurs nocturnes. Il y a donc des prédispositions familiales pour subir de telles épisodes durant son sommeil dans un cas sur deux.

Comment éviter la terreur nocturne ?

S’il est inévitable de vivre certains conflits qui troublent notre sommeil comme ceux énumérés ci-dessus (divorce, décès, changement de situation professionnelle....), il est néanmoins possible de prendre des mesures favorisant l’évitement des parasomnies en général.

Il est ainsi important d’adopter une bonne hygiène de vie de manière à générer un sommeil favorable à la réparation : éviter l’alcool, le tabac, et autres substances excitantes avant le coucher (notamment les bonbons ou les sodas pour les enfants), se coucher et se lever à heure fixe, et éviter tant que possible les trop courtes nuits qui génèrent du stress et nuisent à un sommeil sain.

terreur nocturne - explications

​Enfin, éviter les jeux pour les enfants et les activités physiques pour les adultes quelques heures avant le coucher.

​Pour les adultes, il est nécessaire de dormir au moins 7 heures par nuit, et selon les profils, jusqu’à 8 ou 9 heures. On allonge la nuit de 9 à 11 heures chez les enfants de 6 à 13 ans, de 10 à 13 heures entre 3 et 5 ans, de 11 à 14 heures entre 1 et 2 ans, de 12 à 15 heures entre 4 et 11 mois, et de 14 à 17 heures entre 0 et 3 mois.

La terreur nocturne chez les adultes

Davantage présente chez les enfants, la terreur nocturne se manifeste également chez les adultes. Dans ce cas, si ces épisodes sont fréquents, il convient de consulter un spécialiste du sommeil, ou un psychothérapeute pour stopper cette parasomnie qui a résisté à la sortie de l’enfance, ou qui est survenue sur le tard.

Chez les adultes, la terreur nocturne peut être ponctuelle, et faire suite à une inquiétude actuelle : plan de réduction du personnel, rupture amoureuse..., mais elle peut également résulter d’un traumatisme de l’enfance, et dans ce cas, il est possible que ses épisodes se prolongent dans le temps.

Le contenu des terreurs nocturnes, si l’on ne s’en souvient pas, est souvent comparable à celui d’un cauchemar : une situation de danger de mort imminent, c’est pourquoi le rêveur se met dans un état second.

Malheureusement, seuls 1% des adultes touchés consulteraient, quitte à troubler leur vie maritale en faisant chambre à part, et surtout, à troubler leur sommeil en règle générale. Il est pourtant nécessaire d’analyser le sommeil de l’adulte touché, et de parvenir à déterminer à quelle parasomnie on a affaire pour pouvoir l’éliminer le plus efficacement possible.

Le Dr Lopez, médecin des troubles du sommeil à l’hôpital Gui-de-Chauliac de Montpellier, explique : «La consultation, de préférence dans un centre de référence, vise à confirmer le diagnostic. C'est plus facile si un témoin de la scène peut venir raconter ce qu'il a vu. (...) L’enregistrement du sommeil chez l'adulte est nécessaire car il permet de faire la différence avec d'autres troubles, par exemple une crise d'épilepsie frontale qui peut mimer un épisode parasomniaque. Cependant, en cas d'épilepsie frontale, les crises sont souvent identiques et l'électroencéphalogramme (EEG) retrouve aussi des anomalies typiques.»

Conclusion

La terreur nocturne est un trouble du sommeil relativement fréquent chez les enfants dont les cris stridents et l’impossibilité de les consoler perturbent grandement les parents.

Associée à un certain facteur de stress, la terreur nocturne peut être appréhendée et globalement évitée en prenant quelques mesures : coucher et lever à heures fixes, évitement de substances excitantes ou de jeux physiques, et rituels avant d’aller au lit.

Si les terreurs nocturnes sont normalement supprimées après l’adolescence, quelques adultes sont néanmoins victimes de quelques épisodes pouvant les amener à consulter un spécialiste pour parvenir à les éliminer définitivement.

Le sommeil est un lieu et un moment réparateur qu’il convient de faire sien, aussi, en cas de terreurs nocturnes dans la vie adulte, il est nécessaire de consulter afin d’éviter le trouble de ces heures de repos nécessaires à l’organisme et au cerveau pour leur régénérescence.

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