Spécialiste du sommeil : lequel choisir selon votre pathologie

Dans cet article, nous allons explorer le rôle de chaque spécialiste du sommeil. Nous verrons comment ils établissent, parfois dans une approche pluridisciplinaire, le diagnostic du trouble du sommeil. Puis comment ils contribuent à améliorer la qualité de sommeil de leurs patients, en fonction de l’origine des difficultés nocturnes. Selon que vous souffrez d’apnée du sommeil, de ronflement, de syndrome des jambes sans repos, de stress et dépression, vous n’aurez pas forcément affaire au même thérapeute ou médecin du sommeil. En effet, le professionnel de santé que vous serez amené à consulter sera peut-être pneumologue, ORL, neurologue, psychiatre, psychologue ou hypnothérapeute. Des médecins ou praticiens issus de différentes spécialisations de santé peuvent aider à résoudre les problèmes liés au sommeil. Explications.

Spécialiste du sommeil : lequel consulter ?

1) Le médecin-pneumologue pour l’apnée du sommeil

Le médecin-pneumologue est un spécialiste de l’appareil respiratoire. Il se concentre sur les maladies et les troubles de la respiration. Il diagnostique, traite et prévient les affections respiratoires comme l’asthme, l’emphysème, la pneumonie, la tuberculose, la fibrose pulmonaire, le cancer du poumon et les maladies respiratoires liées au tabagisme. Il est également impliqué dans le traitement des troubles du sommeil tels que l’apnée du sommeil.

En effet, un patient qui souffre du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil marque régulièrement des pauses respiratoires pendant son sommeil. La qualité de ce dernier en est fortement altérée. Ces arrêts respiratoires peuvent durer de quelques secondes à plus d’une minute et se produire plusieurs fois par heure. Ils sont causés par un trouble de la ventilation nocturne. Compétent pour diagnostiquer et traiter l’apnée du sommeil, le pneumologue peut souvent faire appel à son confrère oto-rhino-laryngologiste (ORL) pour compléter le diagnostic. En effet, l’apnée du sommeil est très fréquemment liée à un rétrécissement ou un blocage des voies respiratoires supérieures qui relèvent de l’ORL.

2) Le médecin ORL pour le ronflement et le SAS

L’oto-rhino-laryngologiste ou l’ORL est spécialisé dans l’exploration des voies respiratoires supérieures, à savoir le nez, la bouche, la gorge, le larynx, la trachée, les oreilles.  Ses examens peuvent lui permettre de déceler des troubles obstructifs à ces différents niveaux. Un médecin traitant orientera une personne se plaignant d’un sommeil détérioré et de ronflement vers un ORL, pour évaluer le risque de syndrome d’apnée du sommeil (SAS). Le ronflement peut effectivement avoir pour origine :

  • Une cloison nasale déformée ;
  • Des amygdales hypertrophiées ;
  • Une mâchoire décalée ;
  • Un voile du palais trop long.

La respiration bruyante peut aussi être causée par une apnée du sommeil. Si le patient se plaint d’une grande fatigue, de somnolence en journée malgré des nuits d’une bonne durée, l’ORL pourra pousser ses investigations. Une naso-fibroscopie pourra être prescrite pour évaluer le niveau d’obstruction des voies nasales, laryngées et pharyngées. Il sera en mesure de proposer un traitement adapté pour contrer le ronflement et l’apnée du sommeil :

  • Chirurgical avec le redressement de la cloison nasale ou l’ablation des amygdales ;
  • Prothétique avec l’utilisation d’une prothèse mandibulaire ou l’utilisation d’un masque relié à une machine à pression constante (CPAP).

Il pourra orienter le patient vers un pneumologue pour compléter son diagnostic d’apnée du sommeil.

3) Le psychiatre ou le psychologue

Tous les deux professionnels de la santé mentale, le psychiatre et le psychologue sont souvent complémentaires dans leur approche. Le premier étant médecin, il a le droit de prescrire des médicaments comme des antidépresseurs, des anxiolytiques, des somnifères.

Ce traitement médicamenteux va dans un premier temps aider le patient à dormir. Toutefois, il ne soignera pas la cause profonde à l’origine de ces difficultés de sommeil. C’est là que le psychologue intervient. Ce professionnel propose des outils comme la psychothérapie et la thérapie cognitivo-comportementale à ses patients. Il les aide ainsi à résoudre leurs problèmes émotionnels et comportementaux.

Le stress et la dépression sont parmi les origines psychologiques les plus fréquentes des troubles du sommeil. Consulter ces professionnels est alors recommandé, même s’ils ne sont pas en tant que tels, spécialistes du sommeil. L’insomnie chronique qui peut entraîner un état dépressif, est fréquemment engendrée par le stress émotionnel. Cette tension constante peut être due au quotidien professionnel ou à une anxiété intense permanente. Il peut également s’agir d’un stress temporaire, créé par un choc émotionnel comme un décès dans son entourage proche, le chômage, un accident, etc. Ces professionnels de santé sont les mieux placés pour apporter des solutions aux patients qui souffrent de ce type de problèmes de sommeil. Ils interviennent aussi pour traiter les troubles du sommeil liés à des pathologies mentales comme des épisodes psychotiques aigus, des troubles de la personnalité, une névrose, une phobie, une psychose maniaco-dépressive, etc.

4) Le neurologue spécialiste du sommeil

C’est vers un neurologue spécialiste du sommeil que sont généralement orientés les patients qui souffrent :

  • du syndrome des jambes sans repos ;
  • de la maladie d’Alzheimer ;
  • de la maladie de Parkinson ;
  • de la chorée de Huntington ;
  • de migraines ;
  • du syndrome de Gilles de la Tourette ;
  • de l’algie vasculaire de la face.

En effet, ces maladies neurologiques sont souvent associées à des troubles du sommeil. Le neurologue spécialiste du sommeil pourra prescrire des traitements médicamenteux pour réduire les insomnies, stopper les impatiences musculaires des jambes. Ce mouvement irrépressible des membres inférieurs concerne 5% de la population française, selon une étude de 2015 menée par l’INSV/MGEN. Elle est diagnostiquée chez près de 10% des personnes qui suivent des consultations pour insomnie. Outre des médicaments, le neurologue pourra aussi recommander des thérapies comportementales. Ce spécialiste du sommeil aide ses patients à mieux comprendre et gérer leurs troubles afin d’améliorer la qualité de leurs nuits et de leur vie.

Spécialiste du sommeil : les examens possibles dans un centre du sommeil

Un centre du sommeil est un établissement médical spécialisé dans l’évaluation et le traitement des troubles du sommeil. Ces centres sont équipés de matériel adapté pour mesurer l’activité cérébrale, respiratoire, musculaire et cardiaque des patients pendant leur sommeil.

1) La polysomnographie

polysomnographie

La polysomnographie est une technique d’examen médical qui permet d’enregistrer différentes activités physiologiques pendant le sommeil. C’est l’examen clé pour étudier le sommeil. Il peut être réalisé en centre du sommeil ou en ambulatoire, à domicile, sans hospitalisation. Différents capteurs sont placés sur le corps et la tête du patient durant la nuit. Ces électrodes collées avec de la colle naturelle enregistrent :

  1. L’activité électrique du cerveau (électroencéphalogramme) ;
  2. Les mouvements des yeux (électrooculogramme) ;
  3. L’activité musculaire (électromyogramme) ;
  4. La respiration (pneumographie) ;
  5. Le rythme cardiaque (électrocardiogramme) ;
  6. La saturation en oxygène dans le sang.

Un spécialiste du sommeil, médecin ou technicien analyse ensuite les données enregistrées pour évaluer la qualité du sommeil. Il déduit de l’étude de ces données, la position du dormeur, les ronflements, le nombre de micro-éveils, etc.  À l’issue de cet examen, d’éventuels troubles du sommeil comme l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos, le somnambulisme, etc. peuvent être diagnostiqués. Des examens complémentaires peuvent avoir lieu en journée pour affiner le diagnostic.

2) L’actimétrie

L’actimétrie est une technique d’évaluation de l’activité physique et du rythme circadien des individus. Elle consiste à mesurer les mouvements du corps à l’aide d’un petit appareil appelé actimètre, généralement porté au poignet ou à la taille.

Cet examen permet de quantifier l’activité physique d’un individu sur une période donnée. Il permet de visualiser la fluctuation de l’activité entre les phases d’éveil le jour et celles de sommeil, la nuit. Il donne ainsi une bonne représentation du rythme veille-sommeil. Cet examen est réalisé en ambulatoire, sur une durée de 8 jours. Il est complété par la consultation avec le spécialiste du sommeil et la tenue d’un agenda du sommeil. Ces derniers éléments apportent ainsi des informations sur la qualité et l’organisation du sommeil sur une journée de 24 heures. L’actimétrie est utile pour comprendre des troubles du sommeil tels que le syndrome de retard ou d’avance de phase du sommeil.

3) La polygraphie ventilatoire

limites de polygraphie ventilatoire

Lors d’une polygraphie ventilatoire, un appareil enregistre les divers paramètres de la respiration du dormeur pendant son sommeil. Cet examen est régulièrement réalisé en ambulatoire, à domicile, après pose des capteurs chez le médecin. Ces capteurs disséminés dans des ceintures abdominales et thoraciques et au niveau du cou enregistrent :

  1. L’activité électrique du cerveau ;
  2. Les mouvements oculaires ;
  3. Le rythme cardiaque ;
  4. La fréquence respiratoire ;
  5. La saturation en oxygène dans le sang ;
  6. L’effort respiratoire ;
  7. Les mouvements thoraciques et abdominaux.

Cette technique est souvent utilisée en première intention, pour diagnostiquer l’apnée du sommeil, l’hypopnée, ou encore la respiration de Cheyne-Stokes.

L’étude des données enregistrées par les capteurs par un technicien spécialisé et/ou un médecin du sommeil permet d’évaluer la qualité du sommeil. Cette analyse contribue à diagnostiquer d’éventuels troubles respiratoires du sommeil. Dans le cas où l’index d’apnées est inférieur à 30 et en présence de symptômes évocateurs comme la somnolence diurne, une polysomnographie sera programmée. Seul cet examen permet de confirmer l’absence d’apnée du sommeil, en liant les symptômes à une autre maladie comme les jambes sans repos, la narcolepsie, etc.

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4) Tests de vigilance

Tests de vigilance

Les tests de vigilance consistent en des épreuves psychométriques. Elles mesurent la capacité d’une personne à maintenir son attention et à rester alerte en conditions monotones. Ces tests sont souvent utilisés pour évaluer la somnolence diurne excessive, un symptôme fréquent de divers troubles du sommeil. Ils sont réalisés en centre du sommeil.

Les tests de vigilance les plus couramment utilisés sont :

  • Les tests itératifs de latence d’endormissement (TILE) : Ils mesurent le temps qu’il faut à une personne pour s’endormir dans une situation calme et confortable ;
  • Les tests de maintien de l’éveil (TME) : Ils mesurent la disposition de la personne à rester éveillée pendant une période prolongée (plusieurs heures), en restant confortablement assise, dans l’obscurité et sans somnoler.

Le TILE permet d’affirmer le diagnostic de narcolepsie dès qu’il y a 2 endormissements en sommeil paradoxal.

5) Suivi par agenda du sommeil

agenda du sommeil

Le relevé de sommeil, aussi appelé agenda du sommeil, est un document dans lequel, le patient enregistre pour chaque nuit :

  • Les heures de sommeil ;
  • la qualité du sommeil ;
  • Son état au réveil ;
  • Son état de forme durant la journée ;
  • Ses éventuelles siestes.

Si nécessaire, d’autres informations peuvent y être consignées. Cet outil permet de mieux comprendre son rythme de sommeil. Il contribue à approfondir la connaissance de son sommeil en visualisant mieux les difficultés rencontrées au cours de la nuit. Dans le cas d’insomnies, l’agenda du sommeil permet de surveiller l’amélioration de la qualité du sommeil, lors d’une prise ou d’un sevrage de traitement hypnotique.

FAQ – Spécialiste du sommeil

Quels autres professionnels peut-on consulter en cas de troubles du sommeil ?


Les troubles du sommeil pouvant avoir de multiples origines. Des consultations auprès d’autres professionnels de santé que les spécialistes principaux du sommeil peuvent être préconisées. Ainsi, pour traiter le bruxisme du sommeil, un chirurgien-dentiste pourra être impliqué dans le cadre d’une prise en charge pluridisciplinaire. Parmi les causes possibles de problèmes de sommeil, on trouve également l’hyperthyroïdie, le reflux gastro-œsophagien et l’hyperactivité de la vessie. Pour ce type de pathologies et ses effets secondaires, on fera respectivement appel à un endocrinologue, un gastro-entérologue et un urologue. Enfin, il a été prouvé par des scientifiques suisses que l’hypnose pouvait avoir un impact positif sur le sommeil en :

• Réduisant la durée d’endormissement ;
• En augmentant la durée du sommeil lent profond d’à peu près 80%, sans affecter les autres stades.

Il peut donc être opportun de faire appel à un hypnothérapeute pour traiter certains troubles du sommeil. Pour en savoir plus sur les spécialistes qui sont amenés à traiter des troubles du sommeil, vous pouvez consulter des webinaires de formation en ligne sur le sujet.

Quel spécialiste du sommeil consulter pour un bébé ?


Si votre bébé éprouve des difficultés à dormir, consultez avant tout votre médecin traitant ou votre pédiatre. Un RGO, reflux gastro-oesophagien peut être à l’origine de ces troubles du sommeil. Suite aux premiers examens pratiqués, le médecin pourra, en fonction de la cause identifiée, orienter votre enfant vers un spécialiste du sommeil. Ce médecin du sommeil pourra procéder à des examens plus poussés.

Où trouver un centre du sommeil proche de chez vous ?


Pour trouver un centre du sommeil proche de chez vous, votre médecin traitant pourra vous transmettre des recommandations. Vous pouvez également effectuer une recherche en ligne en utilisant des mots-clés tels que « centre du sommeil » ou « clinique du sommeil », suivis du nom de votre ville ou de votre région.

Vous pouvez aussi consulter les sites web de l’hôpital ou clinique autour de votre localité pour voir s’ils offrent des services de médecine du sommeil.

Sur le site Institut sommeil vigilance vous trouverez une liste de structures spécialisées. N’hésitez pas à les contacter si vous-même, votre enfant ou un membre de votre famille, souffrez d’un trouble du sommeil.

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