Baver en dormant, est-ce normal ?

Baver en dormant est un phénomène bien plus fréquent qu’on ne le pense. Pendant le sommeil, le relâchement des muscles est tel qu’il est possible de laisser s’écouler de la salive. Si cette salivation nocturne est temporaire pour certains, la situation est bien plus problématique pour d’autres. Car cette hypersalivation peut être le symptôme de certaines pathologies médicales telles que l’apnée du sommeil, le reflux gastro-œsophagien ou des troubles neurologiques. En quoi consiste le fait de baver en dormant ? Quelles en sont les causes possibles et les mesures à prendre pour le traiter ? Suivez le guide.

Baver en dormant : pourquoi cela arrive-t-il durant le sommeil ?

Baver en dormant

Le bavage pendant le sommeil est un phénomène qui se produit lorsque les muscles du visage et de la bouche se détendent. Le sommeil est bien sûr propice à une telle situation.  En effet, lorsque nous dormons, notre corps entre dans un état de relaxation profonde. Cela inclut également les muscles de la bouche et de la gorge.

Pour dormir, notre corps passe par 4 phases :

Lors de cette dernière partie du cycle de sommeil, le pouls et la pression artérielle diminuent. L’activité respiratoire et cérébrale ralentit. Le sommeil dit REM, pour Rapid Eye Movement se met alors en route. Pendant ce stade, seuls des mouvements involontaires se produisent. Les muscles sont relâchés. La salive peut alors s’accumuler dans la cavité buccale et causer le bavage.

Ce processus est d’autant plus fréquent chez les enfants, que leur système nerveux est encore immature. La mâchoire de l’enfant est en pleine croissance, tout comme ses dents et les muscles de sa bouche. 

Se réveiller avec l’oreiller mouillé peut donc être tout simplement signe d’un relâchement total pendant le sommeil et donc d’une nuit réparatrice.

Cependant, certains symptômes peuvent accompagner cette hypersalivation nocturne comme des maux d’estomac et troubles digestifs, des difficultés à avaler ou mastiquer, et même des nausées voire vomissements.

Baver en dormant peut aussi être un symptôme de certaines conditions médicales telles que :

  • l’apnée du sommeil ;
  • les reflux gastro-œsophagiens ;
  • des troubles neurologiques sous-jacents (Parkinson, AVC, paralysie faciale).

Enfin, si le bavage est accompagné d’autres manifestations physiques tels que des ronflements, une respiration difficile ou des mouvements corporels anormaux pendant le sommeil, il est recommandé de consulter un médecin. Il pourra déterminer la cause de cet écoulement nocturne de salive, voire de cette hypersalivation.

Quelles sont les causes possibles de baver en dormant ?

Baver en dormant

1) La position de sommeil

Lorsque nous dormons, la position de notre corps peut influencer notre salivation. Et il se peut qu’au réveil, notre oreiller ou drap housse laisse paraître quelques traces de bave. Ce sont généralement les positions ventrale ou latérale qui entraînent l’accumulation de salive dans la cavité buccale. La bave s’écoule alors naturellement par la bouche, si celle-ci est légèrement entrouverte. Et c’est régulièrement le cas quand nos muscles sont relâchés. Si vous respirez par la bouche, ce phénomène peut être encore plus fréquent.

Dormir sur le dos est la position à adopter pour éviter de baver pendant le sommeil. Mais à moins d’être attaché, rien ne nous permet de contrôler notre position lorsque nous dormons. Par contre, si vous bavez tout en dormant sur le dos, consultez un professionnel de santé pour savoir d’où vient le problème.

2) Le reflux gastro-œsophagien

Le RGO ou reflux gastro-œsophagien peut être à l’origine d’une salivation nocturne excessive. Lorsqu’on souffre de RGO, le contenu de l’estomac remonte vers l’œsophage. Ce phénomène dégrade l’estomac et peut causer de la dysphagie, c’est-à-dire des difficultés à avaler. La personne aura alors tendance à cracher sa salive plutôt qu’à l’avaler. Le RGO peut se traiter. À ce titre, certains médicaments, plutôt des antibiotiques et des antipsychotiques, peuvent aussi être à l’origine d’hypersalivation. Il ne faut pas hésiter à en parler à son médecin.

3)Les sinus bloqués

Lorsqu’on est enrhumé, que l’on souffre d’une congestion nasale, il n’est pas rare de baver pendant son sommeil. En effet, avec le nez bouché, on se retrouve bien souvent obligé de respirer par la bouche et donc d’ouvrir celle-ci. La salive peut alors s’écouler allègrement. En débloquant les sinus grâce à des lavages appropriés des fosses nasales, le bavage devrait disparaître. Si une infection s’est installée dans l’étroitesse de nos sinus, un traitement médicamenteux peut s’avérer nécessaire. (À lire aussi: nez bouché pendant le sommeil)

4) L’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil fait partie de ces troubles du sommeil qui peuvent être à l’origine d’une hypersalivation nocturne. Ce syndrome se caractérise par une obstruction partielle (hypopnée) ou totale des voies respiratoires la nuit. Cette obstruction peut entraîner des pauses respiratoires ou une diminution du débit respiratoire. En plus de ronfler, les personnes atteintes peuvent se réveiller avec une sensation de sécheresse dans la gorge. Si vous pensez souffrir d’apnée du sommeil, un professionnel de santé pourra établir un diagnostic précis. Un examen complet, appelé polysomnographie, évaluera votre rythme cardiaque, votre respiration et votre comportement pendant le sommeil. Une fois diagnostiqué, un traitement approprié, comme un soin CPAP (Continuous Positive Airway Pressure) pourra être mis en place.

5) Les troubles de déglutition

Le reflux gastro-œsophagien n’est pas la seule cause de la dysphagie, ce trouble de la déglutition, parfois à l’origine d’une surproduction de salive. Parmi les autres pathologies affichant des problèmes pour déglutir, on trouve :

  1. La sclérose en plaques ;
  2. La dystrophie musculaire ;
  3. Certains types de cancer ;
  4. La maladie de Parkinson.

Les personnes porteuses de troubles de la déglutition souffrent généralement d’hypersalivation la nuit, mais aussi le jour. Par ailleurs, les médicaments utilisés pour traiter les maladies évoquées contribuent eux aussi à une salivation excessive.

7 solutions pour lutter contre l’hypersalivation nocturne

1- Changez votre position de sommeil

Si vous bavez en dormant, un moyen simple de remédier à ce problème est de changer de position de sommeil. En dormant sur le dos plutôt que sur le ventre ou sur le côté, la salive restera dans la bouche. Elle ne s’écoulera pas sur l’oreiller. Néanmoins, cette position peut être difficile à tenir, notamment en cas de nez bouché, de difficultés respiratoires ou de reflux gastro-œsophagien. Dans ce cas, cela peut être un signe qu’un autre problème de santé s’est invité dans votre organisme. N’hésitez pas à en parler à un médecin.

Si l’on a une propension naturelle à vouloir dormir sur le côté ou sur le ventre, on peut adopter un oreiller adapté, qui contribuera au maintien d’une position dorsale confortable. Il est également possible de se caler avec des coussins de chaque côté du corps pour rester plus durablement sur le dos.

2- Surélevez votre tête

Pour éviter de baver en dormant, vous pouvez tenter de surélever légèrement votre tête. Si vous dormez sur le ventre, choisissez un oreiller très fin pour ne pas imposer une torsion trop forte aux cervicales. Sur le dos, un oreiller avec une épaisseur moyenne aidera à maintenir l’alignement de la colonne vertébrale et du cou. Pour les adeptes de la position latérale, un oreiller un peu plus épais permettra de surélever légèrement la tête. L’important est de trouver une juste mesure entre la réduction de la bave nocturne et le mouvement de la nuque. Le choix d’un oreiller adapté à votre position de sommeil et à votre confort est donc primordial.

3- Buvez assez dans la journée

La déshydratation peut entraîner une surproduction de salive, comme pour répondre à la sécheresse buccale. Pour réguler cette sécrétion salivaire, il est de ce fait important de bien s’hydrater tout au long de la journée. Les recommandations indiquent un volume minimum d’1,5 litre d’eau au quotidien. Il est possible de garder une bouteille d’eau près de son lit la nuit. Une atmosphère de chambre à coucher trop sèche peut également contribuer à cette déshydratation. L’usage d’un humidificateur d’air dans la pièce est alors préconisé. Il limitera la sécheresse de la bouche.

4- Munissez-vous des bons accessoires selon votre situation

Certains accessoires vont agir indirectement pour limiter la salivation excessive pendant le sommeil. En effet, les gouttières dentaires et les orthèses d’avancée mandibulaire visent à lutter contre le bruxisme et le ronflement. Elles travaillent à repositionner la mâchoire, la langue et la bouche du patient. Par voie de conséquence, cette modification peut permettre de limiter l’accumulation et la perte de salive. Quant à l’appareil PPC utilisé en cas d’apnée du sommeil, il insuffle de l’air dans les voies respiratoires. Il implique généralement de dormir sur le dos et de respirer par le nez, deux conditions favorables pour diminuer l’excès de salive et son écoulement par la bouche.

5- Traitez vos allergies en soignant vos sinus

Nous l’avons vu, la congestion nasale est souvent à l’origine d’un excès d’écoulement de bave nocturne. Or, celle-ci peut être due à des allergies. Si vous souffrez de nez bouché, d’écoulement post-nasal, de picotements dans le nez et les yeux, c’est peut-être qu’une allergie s’est réveillée. Que ce soit pour des allergies saisonnières ou des allergies affectant les sinus tout au long de l’année, des traitements existent. Pour maximiser les résultats, il est conseillé :

  1. De nettoyer régulièrement sa chambre ;
  2. D’empêcher les animaux de compagnie d’y accéder ;
  3. De choisir une literie et du linge de maison hypoallergéniques.

S’il s’agit d’allergies liées au pollen, graminées et autres allergènes saisonniers, un traitement antihistaminique est généralement prescrit par le médecin.

6- Améliorez votre alimentation

L’alimentation est une autre piste pour arrêter de baver en dormant. Certains aliments peuvent effectivement stimuler la production de salive, tandis que d’autres la limitent. Ainsi, les aliments riches en fibres comme les lentilles, les haricots, le pain complet ou encore l’avoine peuvent contribuer à limiter l’hypersalivation. À contrario, les produits sucrés (sodas, desserts, gâteaux et autres douceurs) provoquent la salivation. Tout comme les agrumes, le yaourt grec, le vin et les condiments comme le poivre, la moutarde, le vinaigre. Bien sûr, chaque individu réagit différemment et ce qui provoquera une hypersalivation chez l’un ne le fera peut-être pas chez l’autre.

7- Pensez à la chirurgie si nécessaire

L’intervention chirurgicale qui consiste à retirer les glandes salivaires est une solution extrême de dernier recours. Elle s’adresse surtout aux patients souffrant d’un trouble neurologique responsable d’hypersalivation. Avant de recourir à la chirurgie, les médecins recommandent généralement à leurs patients de travailler avec un orthophoniste. Ce professionnel cherchera à améliorer la stabilité de la mâchoire, ainsi que la force et la mobilité de la langue grâce des exercices réguliers. Même si l’obtention de résultats peut nécessiter plusieurs mois, l’orthophonie est un moyen efficace pour arrêter de baver en dormant.

Quant à l’injection de botox dans les glandes salivaires, il s’agit d’une solution éphémère. Elle est majoritairement réservée aux patients chez qui les autres solutions n’ont pas fonctionné.

FAQ – Baver en dormant

Quelle sont les conséquences de l’hypersalivation ?


L’impact d’une hypersalivation ou hypersialorrhée est à la fois :

• Social : Par son aspect esthétique et ses répercussions psychologiques : le patient peut s’isoler, gêné par cette salive excessive qui peut l’empêcher de s’exprimer clairement ;
• Médical : Infections buccales, problèmes de déglutition, de mastication et de prononciation, risque de broncho-aspiration de la salive, en particulier chez les personnes atteintes de troubles neurologiques ou de troubles de la déglutition, fausses routes pendant les repas.

Désagréable, inconfortable, l’hypersalivation crée une humidité permanente autour de la bouche. Elle peut affecter considérablement la qualité de vie et la santé des personnes qui en souffrent.

Quelles sont les autres causes d’une production excessive de salive ?


Au-delà du RGO, de l’apnée du sommeil, de la position pour dormir, des troubles de la déglutition ou des sinus bloqués, de nombreuses autres causes peuvent être à l’origine d’une surproduction de salive :

1• Des nausées et vomissements ;
2• La faim ;
3• Le stress, l’anxiété et certains tics nerveux ;
4• Des problèmes liés à l’appareil digestif : ulcère gastrique ou gastrite, crise de foie ;
5• Des problèmes au niveau de l’œsophage ;
6• Une gingivite ;
7• Des lésions nerveuses ;
8• La mononucléose infectieuse, la rage…

L’hypersalivation peut également être le signe, beaucoup plus rarement, d’une tumeur cérébrale, d’une maladie neurologique, voire d’un empoisonnement (mercure, arsenic, etc.).

Est-ce normal de dormir la bouche ouverte ?


Il est courant pour certaines personnes de dormir la bouche ouverte, mais ce n’est pas considéré comme normal ni idéal pour la santé bucco-dentaire. Respirer par la bouche plutôt que par le nez pendant le sommeil peut :

• Assécher la bouche ;
• Favoriser la formation de caries ;
• Entraîner une détérioration de l’émail dentaire.

La salive dépose un film sur les dents et les gencives, qui les protège des bactéries et de l’acidité. Mais respirer par la bouche provoque l’assèchement de la gorge et la diminution de production de salive. Les bactéries stagnent alors dans la plaque dentaire. Des réactions inflammatoires peuvent survenir et conduire à des infections plus graves.

Il est donc vivement recommandé de respirer par le nez la nuit. Et si lors d’un rhume, la cavité buccale prend le relais, cela reste temporaire. Si vos difficultés à respirer par le nez sont permanentes, n’hésitez pas à consulter un médecin.

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