Cauchemar enfant : tout savoir

Il arrive à tout le monde de faire des cauchemars. Cependant, les « mauvais rêves » se révèlent particulièrement fréquents chez les enfants. S’il s’agit d’un phénomène normal et sans gravité, le cauchemar perturbe tout de même les nuits des petits. C’est pourquoi il fait partie des troubles du sommeil. Ce rêve, parfois terrifiant, peut en effet s’avérer perturbant et gêner le sommeil de l’enfant. Il se caractérise par des images effrayantes et des situations angoissantes. Il n’est pas rare que l’enfant se réveille pendant la nuit, paniqué et en pleurs. Les cauchemars font souvent penser aux terreurs nocturnes. La confusion entre ces deux troubles est d’ailleurs courante.

Nous nous sommes intéressés au cauchemar chez les enfants. Quelles sont les différences entre cauchemars et terreurs nocturnes ? D’où viennent les mauvais rêves ? Comment se manifestent-ils ? Comment réagir et éviter les cauchemars récurrents chez les enfants ? Nous faisons le point.

Quelle différence entre cauchemar et terreur nocturne ? 

Il n’est pas rare de confondre cauchemars et terreurs nocturnes. En effet, tous deux se caractérisent par des images effrayantes pendant le sommeil.

Le cauchemar est un rêve qui a pour contenu des images et des situations angoissantes. Lorsque l’enfant fait un cauchemar, il semble dormir paisiblement. Il est le plus souvent très difficile de savoir qu’il est en train de faire un mauvais rêve. Ce n’est que lorsqu’il se réveille qu’on peut s’en assurer.

L’enfant se réveille alors en sursaut, angoissé et en pleurs. Il peut avoir des difficultés à se rendormir et a besoin d’être rassuré.

le cauchemar - causes et conséquences

Les terreurs nocturnes surviennent généralement une à deux heures après l’endormissement. Elles se manifestent par des signes très reconnaissables. L’enfant est assis dans son lit, il pleure, crie, transpire beaucoup, a le cœur qui s’emballe. Il peut même parfois avoir les yeux ouverts et regarder fixement dans le vide. Puis, il se rendort et n’a aucun souvenir au réveil de ce qu’il s’est passé. 

Ce trouble du sommeil touche environ 5 % des enfants, le plus souvent, entre 6 mois et 6 ans. C’est habituellement vers l’âge de 3 à 4 ans qu’elles sont le plus fréquentes. Au-delà de 6 ans, il peut être nécessaire de consulter. Les terreurs nocturnes peuvent en effet cacher d’autres problèmes sous-jacents d’ordre psychologique.

Pourquoi mon enfant est-il sujet au cauchemar  ?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la survenue des cauchemars :

  • un non-dit : le cauchemar peut être lié à une situation inhabituelle que l’enfant perçoit, mais qui n’a pas été clairement verbalisée et expliquée (séparation des parents, chômage, déménagement, etc.). Il ressent qu’il se passe quelque chose d’inaccoutumé, et perçoit la tristesse ou le stress de ses parents. Cette angoisse et ce flou se traduisent par des cauchemars ;
  • un événement stressant vécu dans la journée : le cauchemar est souvent une réaction inconsciente à un événement qui s’est déroulé dans la journée. Il peut s’agir d’une image ou d’une information mal comprise ou qui lui a fait peur. Ce peut être aussi une situation qu’il n’a pas pu ou osé exprimer, comme se faire gronder par sa maîtresse. L’angoisse liée à cette situation se manifeste par un cauchemar la nuit. La maîtresse devient une sorcière, par exemple ;
  • ses tracas du moment : l’enfant peut par exemple être jaloux de son petit frère qui tète et en colère contre sa mère, mais n’ose pas ou ne parvient pas à l’exprimer. Il peut alors rêver qu’il dévore sa mère, qu’il se perd ou encore qu’il tombe. Ces cauchemars sont le reflet du sentiment d’être délaissé par ses parents ;
  • son développement : chez les plus jeunes, les cauchemars peuvent avoir un lien avec son stade de développement, comme la propreté. Dans ce cas, il arrive souvent qu’il rêve qu’il est enfermé dans le noir, ou se perd dans une forêt. Jusqu’à ses 8 ans, l’enfant fait parfois difficilement la différence entre les rêves et la vie réelle. Il est important de lui expliquer que les rêves ne sont pas la réalité.

Comment se manifestent les cauchemars chez l’enfant ?

Tout comme les rêves, les cauchemars surviennent pendant la phase de sommeil paradoxal. Le cerveau est alors très actif et les rêves se succèdent. Il produit des images et des situations plus ou moins angoissantes.

Il est difficile, voire impossible, de reconnaître une personne en plein cauchemar. Peu de signes le trahissent, à part peut-être une légère agitation. Ce n’est que lorsque l’enfant se réveille que l’on s’aperçoit qu’il a été sujet à un cauchemar. Il se réveille bien souvent brusquement. Son angoisse se traduit par des pleurs, voire des hurlements. Il est pris de panique et peut avoir du mal à se rendormir.

Les cauchemars traduisent une angoisse de l’enfant. Ils n’ont rien d’anormaux lorsqu’ils sont épisodiques. Ils constituent en effet une manifestation des apprentissages de l’enfant. Celui-ci vit quotidiennement des émotions fortes, positives comme négatives. Il découvre la méchanceté, la tristesse, la peur ou encore la frustration. Ces « mauvais rêves » en sont l’expression. Les cauchemars participent également à l’apprentissage du danger en le plaçant dans des situations difficiles.

Quelle attitude adopter face à un enfant qui se réveille d’un cauchemar ? 

Il arrive souvent que l’enfant qui vient de faire un cauchemar appelle ses parents, paniqué et en pleurs. En dessous de l’âge de 8 ans, il ne fait pas toujours la différence entre le rêve et la réalité. C’est pourquoi, même à son réveil, il a toujours peur d’être rattrapé par la sorcière ou le monstre qui le poursuit.

Ce dont il a avant tout besoin dans cette situation est d’être rassuré. Il est important de rester avec lui, le temps qu’il s’apaise.

Parlez-lui doucement et incitez-le à raconter son rêve. Vous pourrez alors l’aider à le relativiser en transformant ce qui lui a fait peur en une situation humoristique ou positive. Vous pouvez également lui donner son doudou ou son jouet préféré, toujours pour le rassurer. S’il a crié, proposez-lui un verre d’eau. Cela l’aidera aussi à se calmer. La musique douce a, elle aussi, un effet apaisant. Restez près de lui un moment, en attendant qu’il se calme.

narcolepsie symptomes annexes - cauchemars

Lorsqu’il se sent mieux, sortez de la chambre. Il est préférable de ne pas attendre qu’il s’endorme. Vous lui montrez ainsi que vous avez assez confiance pour le laisser seul. Laissez quand même la porte ouverte en lui signifiant que vous êtes présent. Par ailleurs, il n’est pas conseillé de laisser votre enfant dormir dans votre lit. Sa chambre et son lit doivent rester des endroits rassurants où il peut se sentir en confiance.

Par la suite, il est essentiel de chercher à comprendre l’origine des cauchemars. Est-ce que quelque chose le préoccupe, que ce soit à la maison ou à l’école ? Il est important de prendre ses peurs au sérieux et de les écouter attentivement. Il ne doit pas avoir honte d’avoir peur, quelles qu’en soient les raisons. Le dialogue et l’écoute sont primordiaux. Ils permettront de préserver votre enfant des cauchemars, mais aussi d’éviter que certaines situations qui le tracassent prennent de l’ampleur et aient de graves répercussions sur son développement.    

Les conseils pour éviter les cauchemars de mon enfant 

Certains gestes et comportements peuvent aider à préserver votre enfant ou votre bébé des cauchemars :

  • dialoguer : demandez-lui tous les jours si sa journée s’est bien passée, ce qu’il a fait à l’école. Vous pourrez alors plus facilement déceler un problème, ou répondre à un questionnement qui tracasse votre enfant. Il pourra alors se coucher le soir plus sereinement ;
  • faire de sa chambre un espace rassurant : laisser une veilleuse allumée peut être sécurisant, en particulier si votre enfant a peur dans le noir. Vous pouvez également le laisser dormir avec ses doudous pour qu’il se sente en sécurité ;
  • mettre en place des routines avant d’aller se coucher : les enfants ont besoin de repères pour se sentir sécurisés. Manger, se laver et se coucher tous les soirs à la même heure permet de créer un équilibre et lui permet de savoir ce qui l’attend ;
  • surveiller ce qu’il regarde à la télévision : les contenus télévisés sont bien souvent inadaptés aux jeunes enfants. De plus, les dessins animés trop dynamiques et trop colorés ont tendance à stimuler le cerveau. Ils sont donc à éviter le soir. Par ailleurs, la lumière bleue a pour effet de perturber les cycles du sommeil ;
  • lire une histoire : ce rituel permet d’apaiser l’enfant avant de dormir. Choisissez une histoire adaptée à son âge. S’il est anxieux, vous pouvez lire un livre qui traite du sujet de son angoisse. De nombreux livres pour enfant permettent de leur expliquer avec leurs propres mots certaines situations stressantes ou angoissantes pour eux (arrivée d’un bébé, changement d’école, séparation des parents, etc.).

Comment aider mon enfant à dormir le soir ? 

Pour s’endormit sereinement, votre enfant a besoin de se sentir rassurer. Il est important de mettre en place des rituels qui l’aideront à y parvenir. Ce peut être raconter une histoire ou écouter une musique douce. Cela aura un effet apaisant.

Comme nous l’avons mentionné plus haut, les routines contribuent, elles aussi, à rassurer l’enfant. Effectuer tous les jours les mêmes actions à la même heure donne à l’enfant les repères dont il a besoin pour se sentir en sécurité.

S’il a peur de faire des cauchemars, parlez lui en l’aidant à faire la part des choses entre les rêves et la vie réelle. Rappelez lui que les monstres n’existent que dans les livres et dans les films et que ce qu’il se passe dans ses cauchemars se déroule uniquement dans sa tête. N’hésitez pas à lui raconter ce qui vous faisait peur quand vous étiez petit et ce qui vous rassurait pour vous endormir.

Vous pouvez aussi le rassurer en lui disant que vous repasserez un peu plus tard quand il dormira pour vérifier que tout va bien.

Laisser une petite lampe ou une veilleuse allumée permet également de rassurer l’enfant. Il pourra alors l’allumer s’il le souhaite. Vous pouvez aussi lui donner une lampe de poche dont il peut se servir au besoin.

N’hésitez pas à lui laisser un objet qu’il l’aidera à combattre les monstres, comme une épée magique ou un doudou chasseur de monstres.

Enfin, écouter et laisser son enfant parler de ses angoisses et de ses tracas permettra de l’aider à évacuer ce qui le préoccupe et l’empêche de dormir. Il est important qu’il puisse s’exprimer pour chasser ses peurs et évier de faire des cauchemars.

FAQ – Cauchemar enfant

Est-ce normal de faire des cauchemars toutes les nuits ?

Rêves et cauchemars font partie du développement normal de l’enfant. Ils sont nécessaires pour laisser s’exprimer ses angoisses et ses inquiétudes. Ils sont plus courants entre 3 et 6 ans. Néanmoins, s’ils s’avèrent trop fréquents, trop intenses ou s’ils perdurent durant une longue période (plusieurs semaines ou plusieurs mois), il est conseillé d’en parler à son médecin. Une fatigue chronique au réveil constitue également un signe à prendre au sérieux.

Ces cauchemars toutes les nuits peuvent traduire une angoisse profonde ou un problème susceptible d’avoir des répercussions importantes sur le bien-être et la santé psychique de l’enfant. Si nécessaire, le médecin pourra vous orienter vers un psychologue pour aider votre enfant à exprimer ses peurs et à y faire face.

Comment savoir si mon enfant fait des cauchemars ?

Il n’est pas toujours aisé de faire la différence entre des cauchemars et des terreurs nocturnes. Les cauchemars surviennent au milieu de la nuit, tandis que les terreurs nocturnes apparaissent plutôt en phase de sommeil profond, au début de la nuit.

Contrairement aux terreurs nocturnes, les cauchemars réveillent l’enfant. Il se réveille brusquement, paniqué, il pleure, crie et vous appelle. Il a ensuite besoin d’être rassuré pour se rendormir. Par ailleurs, les cauchemars laissent un souvenir vivace chez l’enfant. Ce n’est pas le cas des terreurs nocturnes, qui ne laissent aucun souvenir.