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Lorsqu’une personne âgée consulte son médecin pour des troubles du sommeil, ce dernier a trop tendance à lui prescrire des somnifères, alors qu’ils ne seraient pas adaptés dans plus de la moitié des cas.

Les somnifères comme unique réponse

Au fur et à mesure de la vie d’une personne, son sommeil évolue. Au-delà de 65 ans, au fil des changements physiologiques, la qualité du sommeil et la durée du sommeil profond diminuent peu à peu. La période d’endormissement s’allonge et peut atteindre 45 minutes. Les réveils sont plus fréquents durant la nuit et fragmentent le sommeil. La personne aura généralement plus de mal à se rendormir qu’un jeune adulte. Il est donc fréquent que les plus de 65 ans se tournent vers le corps médical pour trouver une solution à leurs troubles du sommeil. Face à cette situation, la réponse est trop souvent une prescription de somnifères. Près d’un tiers des personnes de cette tranche d’âge en consomment de façon chronique, ce qui n’est pas sans risque sur leur santé.

Les mesures de la HAS

La Haute Autorité de Santé (HAS) a souhaité réagir en mettant en place dès 2006 des recommandations et des outils à destination des professionnels de santé. Malgré cette mesure, force est de constater qu’en 2012, peu de choses ont changé. Elle a donc décidé de relancer des initiatives en ce sens auprès des professionnels comme des patients, en collaboration avec le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM), le Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens (CNOP) et l’association de lutte contre les infections nosocomiales et les accidents médicaux.

L’importance de l’entretien

Les personnes âgées qui consultent parce qu’elles ont du mal à dormir ont tendance à parler d’insomnie. C’est alors au médecin de faire préciser à son patient les conditions exactes de son sommeil dans un entretien dédié afin de mieux discerner les causes possibles et de lui prescrire le traitement adapté. Afin de faciliter le diagnostic, la HAS propose entre autres des arbres décisionnels, des questions clés à poser avant de prescrire des psychotropes, un agenda du sommeil ou encore un questionnaire d’attachement aux benzodiazépines. Une mauvaise qualité de sommeil peut notamment s’expliquer par des douleurs, une anxiété, l’apnée du sommeil. Il est également fréquent que les personnes âgées souffrent d’une avance de phase : se couchant de plus en plus tôt, ils se réveillent avant l’aube et ne peuvent plus se rendormir puisqu’ils ont leur quota de sommeil.

Une alternative aux somnifères

Non seulement la prescription de psychotropes doit être indiquée aux troubles du patient, mais elle ne doit pas dépasser une certaine durée. Au-delà de quatre semaines, leur efficacité diminue progressivement, sans compter leurs effets indésirables : chutes, troubles de la mémoire, dépendance, etc. Le risque d’interaction médicamenteuse est bien présent chez ce public, qui par ailleurs est moins résistant aux effets secondaires avec l’âge. En cas d’insomnie, il existe des techniques de relaxation et des thérapies cognitivo-comportementales efficaces. Un traitement de luminothérapie peut également réguler le sommeil en cas d’avance de phase. Enfin, une hygiène de vie saine peut suffire à améliorer la qualité du sommeil, comme une activité physique régulière ou une alimentation équilibrée.

Diffuser l’information

Le CNOM et le CNOP reprendront les outils élaborés par la HAS, dont une affiche intitulée « Etre senior et mieux dormir » prodiguant quelques conseils aux médecins et pharmaciens. La HAS a prévu une plénière nationale en novembre prochain afin de poursuivre les actions engagées et de réfléchir aux améliorations éventuelles. D’ici fin 2012, un rappel sera intégré aux logiciels d’aide à la prescription (LAP) afin de conduire le médecin à proposer à son patient une consultation dédiée à l’exploration de ses troubles du sommeil en cas de prescription d’un somnifère à une personne âgée.

Source : la Haute Autorité de Santé